Conférence atypique pour ne rien apprendre sur la beauté.
Une oratrice style Mme de Fontenay présente une pseudo conférence sur l’élégance et la beauté, les deux maîtres mots de la jeune femme du XXIème siècle. Emule de la baronne de Rothschild, bilingue en politesse et en éducation, la professionnelle se laisse vite dépasser ! Le vernis des bonnes manières craquelle et l’élégante se transforme en une mégère acide et caractérielle. La langue de Molière progresse vers de sinistres jurons, la violence prend le pas sur la douceur… Un one-woman show décalé et surexcité !
In the vein of Madame de Fontenay, an orator holds a lecture about elegance and beauty – key words of the young 21st century woman. Like the baroness de Rothschild, bilingual in courtesy and in education, the specialist quickly becomes overwhelmed! Our elegant specialist quickly turns into a sour and temperamental shrew. Molière’s tongue grows into a diatribe of unspeakable profanities as violence takes over sweetness… A totally berserk one-woman show!
Distribution : Charlotte et Delphine Saliou
Auteur/Metteur en scène/Chorégraphe/Scénographe/Costumes : Charlotte Saliou
Aide à l'écriture/A la scénographie : Mickaël Egard
Musique/Son : Tenderly (Lionel Hampton, Oscar Peterson), Rock it (Futur shock), La Fille du Régiment (Donizetti)
Bande son : Stephane Sanchez, avec la voix de Ricardo Lo Giudice
Création lumières : Vincent Toppino
Production : Les mendigots hilares
Soutien : Théâtre Le Samovar
Au festival Mimos 2007
Folie furieuse
Si on vous dit Jackie, l’élégance et la beauté, vous pensez à madame Kennedy ? Vous en serez pour vos frais avec vos souvenirs en allant voir l’autre Jackie, star de Mimos. Chapeau melon rouge, tailleur bleu marine, une jambe platrée et le sac « en crocodile » rose bonbon assorti à rien du tout, la femme clown BCBG ratée n’a pas vraiment la classe attendue ! Une hôtesse de l’air sur le retour, crashée en vol, prépare sa conférence sur l’élégance devant une table aussi bancale qu’elle.
La leçon de maintien commence sur des attitudes maniaques avant de glisser lentement mais sûrement dans l’outrance de la star outragée : chocolats fondus avalés goulûment et recrachés sans sommation, art de parler la bouche pleine sans de donner de genre, traversées de moustique assommés à l’arme lourde sur la théorie du professeur vénéré, sonnerie aux morts sur sa dépouille, le ton monte, cartoonesque et désopilant, glissant et dérapant. Bégaiements et tics nerveux, chorégraphie de majorette et guitare rock qui aurait fait un malheur à Air guitar... Jackie sort tout l’attirail de la déjante entre deux coups de Kirsch. L’air dégagé, furieusement remontée, la voilà qui injurie « mister président » après s’être malencontreusement soulagée sous l’effet du stress. Ambiance téléachat érotique doublé d’un « Y’a-t-il un pilote dans l’avion », Jakie fait une démonstration d’hôtesse de l’air, elle qui dit avoir été « hôtesse dans l’armée de l’air », avant de montrer l’art du maquillage sur une musique scratchée, le geste s’approchant davantage de la brosse à dents que du rouge à lèvres...
Tout s’emballe encore davantage dans les bouffées de délire, Jakie tombe les cheveux... et ils lui arrivent aux genoux. Avec sa soeur, semblable à s’y méprendre, Jackie et son double se font un trip à la ZZ Top mais version capillaire plutôt que barbue. Grand écart échevelé, mimiques dignes de De Funès, hirsute comme une sorcière, maquillée comme une voiture volée, Jackie aime par dessus tout faire peur aux enfants, jouer les harpies dans un langage politiquement incorrect avant d’enchaîner sur la tragédie racinienne puis reprendre le cours de son délire et finir sur un air d’opéra. Django Edwards en jupon, trash et rebelle, moulinant de grands coups de massue sur l’éternel féminin, se libérant sur scène comme dans un gueuloir, ouvrant les vannes de son du grand défouloir en saisissant toutes les occasions qui passent à portée de ses yeux, en lui donnant couleur locale, le maintien de Jackie a tout du désastre : Mme de Fontenay et Nadine de Rothschild ne lui disent pas merci !
Elle crache, elle éructe, elle insulte les premiers rangs, laisse couler des flots de folie furieuse, s’en prend aux enfants comme aux aînés, à ceux qui arrivent en retard comme à ceux qui partent avant la fin... Le public résiste, secoué d’un rire nerveux ou légèrement gêné, puis cède complètement à la furie quand elle se calme enfin pour devenir sirène et chanter l’opéra comme une reine.
Suzanne B-T
Retour sur le spectacle
lors de la rencontre artistes / jury / public du samedi matin
Charlotte Saliou pour "Jackie star"
- Une remarque d'incompréhension dans le public
Réponse
: c'est un délire, un négatif de moi, mon clown. Howard Butten avec "Buffo" dit qu'on en a un qui vous colle à la peau. Jackie star est un personnage qui me fait du mal et qui me fait du bien en même temps parce qu'il m'aide à m'exprimer.
- Pour Nally Gérard Jackie star incarne une folie qu'il est salutaire de voir sur scène. La liberté c'est le risque, y compris celui de la surenchère. Sa question porte sur la relation qu'elle construit avec le public.
Réponse
: Je suis sensible aux réaction et si je continue c'est parce que le public rit ; j'essaie de créer un courant au moment où j'arrive sur scène.
- Philippe Minella a vu un phénomène, un vrai talent, qu'elqu'un qui va au bout.
- Helen Lannaghan a été surpris "shocked", mais ravie de voir une femme forte en solo. sa question porte sur la construction du spectacle qui semble avoir été fait en plusieurs temps.
Réponse
: C'est parti d'un numéro très court, puis sont venues d'autres idées, le chocolat, l'alcool, juqu'à arriver à cette femme très tenue qui s'explose complètement, lorsque tous ses masques tombent.
- Thomas Hahn trouve le clown trop bavard et semble le regretter. "Plus le clown parle et moins on le comprend"
Une réaction dans le public, qui défend le clown qui parle, parce le clown est multi facettes.
Réponse de Charlotte
: le spectacle n'est pas basé sur le verbe.
Des remarques dans le public :
- c'est la première fois que j'ai eu peur pour quelqu'un dans le public, lorsque une personne a quitté les gradins.
- J'ai eu de mal a accepter l'agressivité vis à vis du public. Plus tard j'ai compris qu'on était en fait dans une tragédie.
- Il n'y a pas en fait d'interaction avec le public, c'est lui qui doit s'adapter...
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